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Formule E, justice sociale et eSport


La Formule E est un championnat qui a été créé dans un but précis, autour d'un avenir plus viable pour la planète. Alors que le monde a incroyablement changé cette année, la discipline est bien placée pour capitaliser sur cette évolution. La compétition est actuellement en pause avant que la septième saison ne débute en janvier. Elle sort d'une finale réussie à Berlin au mois d'août en misant sur une nouvelle approche, la même que celle utilisée par l'UEFA avec la Ligue des Champions, en proposant six courses en neuf jours et dans un seul lieu pour désigner son champion. C'est ce type de réflexion sur les besoins et les innovations qui caractérise le sport automobile et la Formule E en particulier. Quelle sera la suite pour le championnat ? Il repose aujourd'hui sur des constructeurs qui ont eux aussi leurs propres difficultés à surmonter, et maintenir des coûts maîtrisés est essentiel. Dans le cadre d'une interview menée pour la série ThinkingForward, nous donnons la parole à Jamie Reigle, PDG de la Formule E. Il évoque le spectacle mais aussi la manière dont le championnat se penche sur un plafonnement budgétaire similaire à la F1, ainsi que le retour du public sur les courses. Quelle incidence pensez-vous que la crise du coronavirus va avoir sur la direction que nous observions déjà en matière de mobilité électrique et de décarbonisation du sport automobile ? Quelle sera l'impact sur l'attitude des constructeurs et que vont-ils faire de leurs budgets dédiés à la compétition ? Fin mars, début avril, c'était assez effrayant. Si l'on se souvient de cette période, nous étions tous très incertains de ce qui arriverait au monde. Je crois énormément au potentiel de la Formule E sur le long terme. Je crois fermement au pouvoir inspirant du sport. Je n'ai aucun doute quant à la trajectoire à long terme. Quelle que soit la forme de sport mécanique, nous sommes tous dans l'événementiel avec une exposition à l'industrie automobile. En avril, tout était très incertain. Ce que nous avons vu, c'est une poussée du sujet climatique et des véhicules électriques. Je crois que les gens ont regardé dehors, ont cherché à s'aérer plus que jamais auparavant, surtout s'ils vivaient dans des villes. Cela nous touche directement. Avec les perturbations économiques dues à la crise, on a vu de nombreux gouvernements soutenir et stimuler leur économie. En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, les subventions se sont tournées vers les technologies durables. Nous voyons cela comme quelque chose de vraiment positif. Ça ne fait pas de mal d'avoir un coup de pouce d'un gouvernement ! Nous sommes donc sereins par rapport à là où nous en sommes, mais nous sommes également conscients des défis auxquels nous faisons face collectivement. Nous devons trouver un moyen de remettre en selle notre produit, quel que soit le type de sport automobile. Nous devons trouver un moyen d'organiser les épreuves de manière sûre et de faire revenir le public, car même si je suis très fier de ce que nous avons accompli à Berlin, je vous mentirais si je vous disais que ça n'aurait pas été mieux d'y avoir nos fans.