Assurland

Le coup de gueule de Vergne sur les qualifications


Jean-Éric Vergne déplore la "loterie beaucoup trop grosse" qu'est selon lui le format qualificatif en Formule E. est en colère, après un E-Prix de Santiago où sa série record de 20 courses consécutives dans les points a pris fin. Car s'il a été contraint à l'abandon par un accrochage avec António Félix da Costa provoqué par son coéquipier André Lotterer, cette situation a été grandement facilitée par le revers subi en qualifications quelques heures plus tôt, Vergne ne s'étant placé qu'à la 12e position de la grille. Alors que les groupes de qualifications étaient auparavant aléatoires, avantageant parfois un candidat au titre par rapport à un autre, ils sont désormais décidés selon le classement général du championnat, les leaders donnant le ton dans le Groupe 1. Or, c'est très souvent cette première poule qui bénéficie des conditions de piste les moins favorables, et c'était d'autant plus le cas sur le très poussiéreux Circuit du Parc O'Higgins. Bien qu'ayant devancé de deux dixièmes ses principaux rivaux pour le titre, Vergne restait ainsi à près de trois dixièmes de la Super Pole. Dans le même temps, le leader du championnat, Jérôme d'Ambrosio, se retrouvait provisoirement avant-dernier. " Je pense qu'il ne faudrait pas faire de qualifications et juste prendre l'ordre inverse du championnat, parce que c'est une blague, là !" s'était exclamé le Français, furieux, à l'issue des qualifications. "J'ai fait un tour propre, mais ç'aurait été impossible pour moi d'être en Super Pole. Ce n'est vraiment pas juste. La piste était tellement sale, il y avait des feuilles partout dans le premier secteur." Le lendemain, à froid, Vergne a de nouveau dénoncé un système qu'il juge injuste dans la manière dont il désavantage les pilotes les mieux placés au championnat. "Si la piste est encore aussi sale à Mexico dans le Groupe 1, ça va être difficile de gagner", déplorait le pilote DS Techeetah après son abandon. "Je vais peut-être attendre d'être septième au championnat pour être dans le Groupe 2 et pouvoir gagner des courses." "Avec ce système-là, c'est une loterie beaucoup trop grosse. Il y a des gros constructeurs qui mettent énormément d'argent, énormément de temps. On est les premiers du championnat, on fait le meilleur job et on est les plus pénalisés pour la course. C'est quelque chose de pas très normal." Quant à l'incident qui l'a contraint à jeter l'éponge à Santiago : "Je me suis fait taper à l'arrière dans le dernier virage. Ma voiture a décollé, en décollant elle est partie en tête-à-queue, et après ça, la voiture était cassée. J'ai essayé de continuer, mais à la fin, c'était trop dangereux, trop abîmé pour pouvoir finir." Le Champion en titre se refuse toutefois à rejeter la faute sur qui que ce soit, estimant que cela ne servirait à rien. En revanche, il ne mâche pas ses mots concernant la qualité de l'asphalte sur cette nouvelle piste, jugée "extrêmement dangereuse".